En Suisse, l'ostéoporose touche environ une femme sur quatre et un homme sur vingt après 50 ans – et pour beaucoup de personnes concernées, le lit devient un endroit où elles ne se sentent plus en sécurité. Des fractures vertébrales peuvent survenir sous une simple contrainte quotidienne, se lever d'un lit bas devient un risque de chute, et un dos rond rend l'appui à plat inconfortable. La question de savoir quel matelas convient en cas d'ostéoporose reçoit souvent une réponse toute faite, « le plus dur possible », qui n'est pas défendable médicalement et peut même favoriser points de pression et douleurs. Ce guide explique ce dont les os fragiles ont réellement besoin pendant le sommeil : un matelas avec une bonne répartition de la pression et un bord stable, une hauteur de lit sûre, une position de sommeil qui ménage la colonne vertébrale, et une chambre à coucher qui prévient les chutes. Le tout en complément du traitement médical de l'ostéoporose.
La réponse en bref : en cas d'ostéoporose, le matelas idéal répartit le poids du corps sur une grande surface, cède au niveau du sacrum, des hanches et des épaules et offre malgré tout un appui pour se redresser. Un bord stable est plus important que pour les dormeurs en bonne santé, parce que s'asseoir sur le bord du lit pour se lever doit être sûr. La hauteur du lit doit être choisie de sorte que les genoux forment un angle droit en position assise – le plus souvent 50 à 60 cm. Les matelas durs comme une planche sont contre-productifs, les très mous compliquent le lever.
- La répartition de la pression protège, en cas d'ostéoporose, des douleurs au sacrum, aux hanches et aux côtes – les matelas durs ne protègent pas les os.
- Un bord de matelas stable et une hauteur d'assise de 50 à 60 cm rendent le fait de s'asseoir et de se lever plus sûr.
- Se lever en passant par la position latérale (« technique en bloc ») évite la flexion et la rotation de la colonne vertébrale.
- En cas de dos rond, la tête a besoin d'un oreiller plus haut en position dorsale, et d'un coussin entre les genoux en position latérale.
- La prévention des chutes dans la chambre (veilleuse, passages dégagés, pas de tapis non fixés) est aussi importante pour les os que le matelas lui-même.
Ce que l'ostéoporose signifie pour la position allongée
En cas d'ostéoporose, la densité osseuse diminue, la structure interne des os devient plus poreuse et la résistance à la fracture baisse. Les corps vertébraux sont particulièrement touchés : ils peuvent se tasser lentement sous la charge ou se fracturer lors d'un mouvement brusque, souvent sans chute. Environ un tiers des personnes concernées présente au moins une fracture vertébrale, dont beaucoup passent inaperçues. Il en résulte des douleurs dorsales chroniques, une perte de taille de plusieurs centimètres et le dos rond typique, qui rend difficile la position allongée à plat.
Pour le lit, cela signifie trois choses. Premièrement : le matelas doit répartir la pression, car les os saillants – sacrum, crête iliaque, omoplates, côtes – deviennent plus rapidement douloureux quand la musculature et le tissu adipeux sous-cutané s'amincissent, et développent dans les cas extrêmes des points de pression. Deuxièmement : la colonne vertébrale doit reposer dans sa forme naturelle, sans affaissement de la région lombaire, afin qu'aucune contrainte supplémentaire ne s'exerce sur des corps vertébraux affaiblis. Troisièmement : le trajet vers le lit et hors du lit doit être sûr, car une chute est, en cas d'ostéoporose, la cause la plus fréquente de fractures de la hanche et du poignet. Nous décrivons dans l'article Le sommeil avec l'âge comment le sommeil évolue généralement chez les personnes âgées.
Le bon matelas en cas d'ostéoporose
La recommandation « dur, c'est sain » a la vie dure, mais elle est défavorable aux personnes atteintes d'ostéoporose. Un matelas dur répartit le poids sur peu de points de contact – en position dorsale l'arrière du crâne, les omoplates, le sacrum et les talons. C'est précisément à ces endroits qu'apparaissent des douleurs de pression lorsque la couche de tissus mous est mince, et en position latérale le matelas appuie sur la crête iliaque et le grand trochanter. Ce qui aide en revanche, c'est un matelas à forte élasticité ponctuelle, qui cède au niveau des os saillants et répartit le poids sur la surface environnante. Les mousses adaptatives y parviennent particulièrement bien, parce qu'elles épousent le contour du corps sans que le bassin s'enfonce plus profondément que la colonne vertébrale ne le supporte.
En même temps, le matelas ne doit pas être mou au point que l'on y « coule » en se levant. Si vous devez prendre appui sur les mains pour vous asseoir, il vous faut une surface qui offre une force d'appui. C'est pourquoi deux détails comptent davantage que pour les dormeurs en bonne santé : une bonne élasticité de rappel du noyau et un bord stable. Le bord porte le poids lorsque l'on s'assied sur le rebord du lit ; s'il s'affaisse de 8 à 10 cm, le buste bascule vers l'avant et le moment du lever devient un risque. Les matelas dotés d'une zone de bord renforcée ou d'un noyau dense jusqu'au bord ont ici un net avantage. Si vous hésitez entre plusieurs types au moment de l'achat, vous trouverez des repères dans notre comparatif des types de matelas.
| Critère | Recommandation en cas d'ostéoporose | Pourquoi |
|---|---|---|
| Répartition de la pression | Élevée, élasticité ponctuelle | Protège le sacrum, les hanches et les côtes des douleurs de pression |
| Élasticité de rappel | Élevée | Facilite les changements de position et le fait de s'asseoir |
| Bord | Stable, s'enfonce peu | Assise sûre sur le rebord du lit |
| Hauteur du lit (bord supérieur du matelas) | 50–60 cm, genoux à 90° en position assise | Se lever sans se pencher ni se hisser |
| Hauteur du matelas | À partir de 18–20 cm | Assez de matière pour répartir la pression |

Hauteur du lit et cadre de lit : la sécurité au lever
La hauteur du lit n'est pas, en cas d'ostéoporose, un détail de confort, mais une mesure de prévention des chutes. Mesurez la hauteur du creux du genou au sol en position assise, avec des chaussures plates – chez la plupart des adultes, 45 à 55 cm. Le bord supérieur du matelas devrait se situer à peu près à cette hauteur, légèrement au-dessus valant mieux qu'en dessous. Avec un lit trop bas (moins de 45 cm), il faut se pencher loin vers l'avant pour se lever et se hisser depuis les genoux, ce qui fléchit et sollicite la colonne vertébrale ; avec un lit trop haut (plus de 65 cm), les pieds pendent dans le vide et l'on glisse vers le bas sans contrôle. Notre article sur la hauteur de lit idéale montre comment calculer la hauteur avec le sommier à lattes et le matelas.
Pour le cadre de lit, c'est la stabilité qui compte : une structure massive qui ne bouge pas quand on y prend appui, une tête de lit à laquelle se tenir et aucune arête vive. Une aide au lever – un arceau ou une barre d'appui glissée entre le matelas et le sommier à lattes – offre une sécurité supplémentaire et est souvent recommandée par les ergothérapeutes. En cas d'ostéoporose avancée ou après des fractures vertébrales, un lit à réglage électrique peut faciliter le redressement, parce que le buste est relevé par un moteur et que le tronc n'a pas à se fléchir par ses propres forces. Nous avons expliqué séparément comment choisir le cadre de lit qui convient.
Position de sommeil et oreiller en cas d'ostéoporose
La position sur le dos est le plus souvent la plus ménageante en cas d'ostéoporose, parce que le poids se répartit sur la plus grande surface. En cas de dos rond marqué, la tête ne repose toutefois plus à plat, elle reste en suspension – il faut alors un oreiller plus haut, souvent 10 à 14 cm, ou un coussin cale qui relève tout le buste de 10 à 20 degrés. Un coussin roulé sous les genoux de 8 à 12 cm soulage en outre la colonne lombaire. En position latérale, un coussin va entre les genoux, afin que le bassin ne bascule pas et que la hanche ne pivote pas. La position sur le ventre est à éviter : elle hyperétend la colonne cervicale et pousse la colonne lombaire en hyperlordose – une contrainte inutile pour des corps vertébraux affaiblis.
La technique pour se coucher et se lever est tout aussi importante. Les physiothérapeutes enseignent la technique dite en bloc : pour se lever, tournez-vous d'abord sur le côté en déplaçant simultanément les épaules et le bassin, puis faites glisser les jambes par-dessus le rebord du lit tout en vous poussant vers le haut avec le bras inférieur. Ainsi, la colonne vertébrale reste droite, sans flexion ni rotation sous charge. Pour se coucher, inversez l'ordre. Cette technique prend quelques secondes de plus, mais elle évite précisément le mouvement – se redresser en flexion depuis la position dorsale – qui peut provoquer des fractures vertébrales en cas d'ostéoporose.
Prévention des chutes dans la chambre à coucher
Environ 30 pour cent des personnes de plus de 65 ans chutent au moins une fois par an, et une grande part de ces chutes se produit la nuit, sur le chemin des toilettes. En cas d'ostéoporose, une telle chute se termine plus souvent que la moyenne par une fracture. C'est pourquoi la question du matelas inclut toujours aussi celle de la pièce. Une veilleuse à détecteur de mouvement sur le chemin de la salle de bain, un passage dégagé sans câbles ni bords de tapis, des chaussettes antidérapantes ou des pantoufles à contrefort ferme et une lampe de chevet accessible depuis le lit réduisent le risque de manière mesurable. Les tapis non fixés sont le classique des pièges à trébucher – soit les fixer avec un tapis antidérapant, soit les retirer.
Un deuxième point est la couette : une couette lourde qui s'enroule autour des jambes complique le lever et constitue une source de chute à la sortie du lit. Des couettes légères avec un garnissage de 600 à 900 g valent mieux. Et si vous devez vous lever plusieurs fois par nuit, réduisez légèrement les apports en liquide le soir et renoncez aux boissons contenant de la caféine à partir de la fin de l'après-midi. Les somnifères jouent également un rôle : ils augmentent nettement le risque de chute pendant la nuit, raison pour laquelle il faut, en cas d'ostéoporose, peser particulièrement soigneusement s'il faut en utiliser et lesquels – un sujet pour le cabinet du médecin de famille, pas pour des essais personnels.
Erreurs fréquentes et mythes passés au crible
« En cas d'ostéoporose, le matelas doit être dur. » Faux : la dureté ne protège pas les os, elle crée des points de pression au sacrum et aux hanches. Le matelas doit porter et répartir. « Un lit bas est plus sûr, parce que l'on ne tombe pas de haut. » C'est l'inverse : se lever d'un lit bas exige flexion et force, ce qui favorise fractures vertébrales et chutes. « Le calcium le soir aide les os pendant le sommeil. » La régénération osseuse a certes lieu la nuit, mais l'effet du calcium dépend de l'apport global, pas du moment – et sans vitamine D en quantité suffisante, il n'est guère absorbé. « Quand on a déjà des fractures vertébrales, il faut bouger le moins possible dans le lit. » Cela non plus n'est pas exact : les changements de position sont importants contre les points de pression et la raideur, seule la technique doit être correcte. Et enfin : le manque de sommeil lui-même est désormais considéré comme un facteur de risque de faible densité osseuse, parce que l'hormone de croissance et le remodelage osseux sont liés au sommeil profond – une bonne nuit est donc aussi un soin pour les os. Vous lirez dans notre article comment augmenter le sommeil profond.

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Questions fréquentes sur l'ostéoporose et le matelas
Un matelas dur est-il préférable en cas d'ostéoporose ?
Non. Un matelas dur répartit le poids sur peu de points de contact et provoque des douleurs de pression au sacrum, aux hanches et aux omoplates. Il vaut mieux un matelas à élasticité ponctuelle, qui cède mais qui porte le bassin.
Quelle doit être la hauteur du lit en cas d'ostéoporose ?
Le bord supérieur du matelas devrait se situer à peu près à la hauteur du creux du genou, le plus souvent 50 à 60 cm. Des lits trop bas obligent à se lever en flexion, des lits trop hauts laissent les pieds pendre et augmentent le risque de chute.
Quelle position de sommeil ménage la colonne vertébrale en cas d'ostéoporose ?
La position sur le dos avec un coussin roulé sous les genoux, et en cas de dos rond avec un oreiller plus haut ou un coussin cale. La position sur le côté avec un coussin entre les genoux convient également. La position sur le ventre est à éviter.
Comment me lever du lit en sécurité en cas d'ostéoporose ?
Avec la technique en bloc : se tourner d'abord sur le côté, déplacer simultanément les épaules et le bassin, puis faire glisser les jambes par-dessus le rebord du lit et se pousser vers le haut avec le bras inférieur. Ainsi, la colonne vertébrale reste droite.
Pourquoi un bord de matelas stable est-il important en cas d'ostéoporose ?
Parce que s'asseoir sur le rebord du lit pour se lever doit être sûr. Si le bord s'affaisse de 8 à 10 cm, le buste bascule vers l'avant et le lever devient un risque de chute.
Le sommeil influence-t-il la densité osseuse ?
Oui. L'hormone de croissance et le remodelage osseux sont liés au sommeil profond, et le manque chronique de sommeil est considéré comme un facteur de risque de faible densité osseuse. Un bon sommeil fait donc partie de la prévention de l'ostéoporose.
Cet article est destiné à l'information générale et ne remplace pas un avis médical.











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